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MATIÈRE MÉDICALE
HOMÉOPATHIQUE VÉTÉRINAIRE

Author : Collectif d'auteurs, coordonné par Jacques MILLEMANN

Description : Cette matière médicale vétérinaire est le fruit de l'expérience et des connaissances d'un groupe de vétérinaires homéopathes. Le matériel de cette œuvre collégiale est dérivé d'observations cliniques et ne constitue pas une simple "traduction" de la matière médicale humaine. De telles observations sont faites chaque jour par tous les praticiens. Les nouvelles connaissances sur les remèdes de ce tome seront ajoutées dans les éditions futures. D'autres remèdes seront traités dans des tomes supplémentaires.

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Price : 45,15 € ex. VAT
 
 

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FRENCH DESCRIPTION

Table Des Matières
 
Remerciements

Introduction

Matière médicale homéopathique vétérinaire

  • Aconitum napellus
  • Anthemis nobilis
  • Les sels d'antimoine ou antimoniaux
    • Généralités
    • Monographie des remèdes
    • Antimonium arsenicosum
    • Antimonium crudum
    • Antimonium iodatum
    • Antimonium muriaticum
    • Antimonium sulfuratum aureum
    • Antimonium sulfuratum rubrum
  • Æthiops antimonialis
  • Antimonium tartaricum
  • Apis mellifica
  • Apocynum cannabinum
  • Argentum nitricum
  • Arnica
  • Arsenicum album
  • Bryonia
  • Cadmium sulfuricum
  • Cadmium sulphuratum
  • Cadmium metallicum
  • Cadmium bromatum
  • Cadmium iodatum
  • Causticum
  • Chamomilla = matricaria chamomilla
  • Chelidonium majus
  • Colocynthis
  • Convallaria majalis
  • Cyclamen
  • Ecballium elaterium
  • Haronga madagascariensis
  • Helianthus annuus
  • Iodum
  • Lathyrus
  • Lophophytum leandri ou flor de piedra
  • Lycopodium clavatum
  • Malandrinum
  • Achillea millefolium
  • Opium
  • Phosphoric acid
  • Phosphorus
  • Pulsatilla
  • Rhododendron
  • Rhus aromatica
  • Rhus toxicodendron
  • Ruta graveolens
  • Sepia officinalis
  • Siegesbeckia orientalis
  • Sulphur
  • Trifolium pratense
  • Trifolium repens

Introduction

La Matière Médicale Homéopathique Vétérinaire (MMHV) en latin Materia Medica Homœopathica Veterinaria est une œuvre collégiale qui doit être le fruit de l'expérience et des connaissances de bien des vétérinaires homéopathes reconnus parmi les meilleurs du monde. Le matériel qu'elle renferme est dérivé d'observations cliniques et ne constitue pas une simple "traduction" de la matière médicale humaine. De telles observations sont faites chaque jour par tous les praticiens et nous espérons un retour considérable de la part de la profession pour que la MMHV soit complète et à jour. Les nouvelles connaissances sur les remèdes de ce tome seront ajoutées dans les éditions futures. D'autres remèdes seront traités dans des tomes supplémentaires...

L'HOMÉOPATHIE - HISTORIQUE ET PRINCIPES DE BASE
...

SAMUEL HAHNEMANN - LE PÈRE DE L'HOMÉOPATHIE
...

HOMÉOPATHIE VÉTÉRINAIRE

L'emploi de l'homéopathie chez l'animal a été mentionné pour la première fois par Hahnemann dans une conférence donnée en 1814. Vers la fin du XIXème siècle, il avait gagné bien des adhérents, avec un ouvrage atteignant une dizaine d'éditions. Au XXème siècle, c'est la médecine orthodoxe qui devient la discipline dominante. Cependant tout comme en médecine humaine, les problèmes secondaires sont de plus en plus publics, avec pour conséquence que bien des gens reviennent à l'homéopathie pour leur animal. Vers 1823 Johann Joseph Wilhelm Lux, professeur vétérinaire à l'Université de Leipzig (Allemagne) échange lettres, idées et polémiques avec Samuel Hahnemann et introduit l'homéopathie en médecine animale avec d'excellents résultats : « Depuis plus de 10 ans, je soigne chaque animal par homéopathie et je continue avec succès à suivre cette route merveilleuse… Les résultats positifs sont si surprenants que j'éprouve la nécessité de les partager, et c'est la raison pour laquelle j'ai fondé une revue appelée "Zooiasis" ». L'appel d'un éleveur hongrois lui demandant un remède contre la peste bovine et le charbon bactéridien, amène Lux à découvrir les nosodes et biothérapiques comme Anthracinum.
Dans les années 1980 l'homéopathie connaît un regain d'intérêt dans la profession. Il existe maintenant des associations dans la plupart des pays occidentaux, auxquelles il faut ajouter l'I.A.V.H. (Association Internationale des Vétérinaires Homéopathes) qui offre une couverture mondiale.

L'Anamnèse

La règle d'or de Hahnemann pour la prise du cas, était "utiliser les propres mots du patient". C'est un luxe très difficile à réaliser dans le monde vétérinaire où nous devons compter sur les mots du propriétaire et son sens de l'observation. Par conséquent, tout un niveau de prescription est perdu pour nous. Le plus grand défi de l'homéopathie vétérinaire est peut-être de pouvoir obtenir des informations assez précises et assez détaillées pour une prescription bien adaptée. Bien des choses dépendent du sens de l'observation du vétérinaire-prescripteur ainsi que du propriétaire ou du soigneur de l'animal. La première consultation peut parfois prendre des heures en explications, questions et observations avant que le propriétaire ne comprenne ce qu'il est censé voir et relater. Il y a probablement autant de protocoles pour la saisie du cas, que d'homéopathes. Le praticien individuel doit trouver avec le temps une méthode qui convient à son mode de pensée. Il n'existe pas de bonne ou de mauvaise méthode du moment où l'on obtient assez d'informations pour pouvoir prescrire. L'auteur suggère de garder en tête les points suivants :

  1. Laisser parler le propriétaire. Les interruptions entraînent souvent l'oubli de faits importants – éventuellement même de la clef du problème.
  2. Discuter d'abord le symptôme le plus important et ensuite adapter l'anamnèse à partir de là. Si l'interrogatoire concerne toujours les organes dans le même ordre, la plainte essentielle risque d'être remise à la fin et le propriétaire de penser que l'on n'écoute pas ce qui le tracasse.
  3. Conserver une "check-list" en tête, ou de préférence par écrit, pour tous les organes ou appareils (par exemple les têtes de chapitre du Répertoire de Kent) pour s'assurer que rien n'aura été oublié.
  4. Lorsque les propriétaires ont dit tout ce qu'ils pouvaient, revenir en arrière et chercher autant de détails que possible à propos des symptômes majeurs. Si la question n'est apparemment pas comprise, donner des exemples (mais veiller à ne pas poser de questions directives).
  5. Ne pas accepter la réponse "Normal". Questionner à propos de la couleur, de la forme, de la consistance, de l'odeur, de la fréquence des écoulements, des selles, de l'urine, etc.
  6. Noter les renseignements par écrit au fur et à mesure des progrès. La mémoire humaine a une étonnante capacité à oublier des détails importants au décours d'une consultation d'une heure.
  7. Prendre soin de bien identifier la vraie modalité. Par exemple une aggravation à 18 heures peut constituer une modalité horaire ou une modalité post-prandiale, si on nourrit l'animal à 17 heures.
  8. Utiliser les tests diagnostiques. Ils peuvent souligner une dominante pathologique qui suggère immédiatement un groupe de remèdes particuliers. Ils peuvent aussi indiquer qu'une thérapie non homéopathique est désirable.
  9. Apprendre autant que possible à propos des remèdes. Cela rend le travail bien plus facile, et aide à désigner les points de l'anamnèse qui nécessitent une clarification plus approfondie.

De L'Anamnèse Au Remède

Pour le praticien la méthode idéale pour traduire en remède l'anamnèse du patient, est de posséder une connaissance approfondie de la matière médicale de manière à pouvoir procéder à des comparaisons directes. Malheureusement la quantité d'informations disponibles rend ceci impossible pour tous, sauf pour les plus doués des mémoriseurs. Il faut donc user d'autres méthodes. Il existe deux méthodes principales pour choisir le remède : par différencialisation ou par répertorisation.

1) Par Différencialisation

Cette méthode repose sur le fait que dans la plupart des situations cliniques, certains remèdes sont utilisés plus souvent que d'autres. L'expérience clinique a permis d'établir des listes des dix à vingt remèdes utilisés le plus souvent dans chaque cas. Pour chaque remède il existe une courte liste des symptômes différentiels. Lorsqu'il rencontre un syndrome clinique, le praticien parcourt simplement la liste appropriée (ou le répertoire adéquat, comme par exemple celui de Voisin : "Thérapeutique et Répertoire, Homéopathiques du Praticien") pour trouver le remède le plus adéquat. Ce n'est pas la méthode homéopathique "classique", mais cela fonctionne très bien en pratique. La majorité des livres d'homéopathie populaire reposent sur ce principe. Si on n'a pas trouvé ainsi le remède curatif, il faut utiliser la méthode plus complexe de la répertorisation homéopathique.

2) La Répertorisation

En fait le répertoire est un index des symptômes. On envisage chaque symptôme, et on note les remèdes qui lui sont associés. On attribue un degré au remède, suivant la fréquence de son association avec le symptôme donné. (On appelle "rubrique" un symptôme donné accompagné de la liste de ses remèdes associés). Lorsque six à dix symptômes majeurs ont été collationnés, on note le score total de chaque remède, et le nombre de rubriques où il apparaît. Si un seul remède ressort, on peut penser qu'il s'agit du Simillimum. Plus souvent, deux ou trois remèdes sortent bien. En ce cas il faut les contrôler tous dans la Matière Médicale, pour trouver celui qui convient le mieux au patient considéré.
Une variante de cette méthode consiste, à partir du symptôme le plus important, de noter tous les remèdes qui lui sont associés. On cherche ensuite le deuxième symptôme le plus important. On barre alors tout remède de la rubrique originale qui n'apparaît pas dans la seconde. On choisit d'autres symptômes, et on continue à éliminer des remèdes jusqu'à ce qu'il n'en subsiste qu'un seul ou un petit groupe. Une fois de plus, c'est la matière médicale qui est le juge final. L'art de la répertorisation repose sur la sélection des symptômes. Plus un symptôme est précis, plus il est utile. De même des symptômes détaillés sont d'un bien plus grand secours que les très généraux (par ex. voir Répertoire de Kent en anglais, 6ème Edition, p.537 : "vomir de la nourriture, non digérée 2 à 3 heures après manger" [2 remèdes répertoriés] est plus utile que "vomir" tout court [environ 180 remèdes possibles]). Normalement les "symptômes mentaux et émotionnels" ont plus d'importance que les "généraux" (symptômes physiques affectant l'animal dans son entier), lesquels à leur tour sont plus importants que les symptômes "locaux ou particuliers" (concernant un appareil ou un organe). Cependant la valeur d'un symptôme augmente considérablement s'il est rare et inhabituel. Ce sont souvent les petites bizarreries qui donnent la clef d'un cas clinique. On constate d'habitude que les rubriques les plus utiles sont celles renfermant de dix à vingt remèdes à des degrés différents. Cependant l'auteur de ces lignes a résolu plusieurs cas en trouvant des symptômes inhabituels, dont la rubrique mentionnait un seul remède. Le "dur labeur" de la répertorisation peut aujourd'hui être fait par ordinateur, mais au risque d'encourager une mauvaise technique en des mains inexpérimentées (essentiellement la sélection de trop nombreux symptômes). Le problème majeur de la répertorisation est le choix des symptômes les meilleurs et les plus caractéristiques, symbolisant la Totalité du patient et permettant de trouver même les "petits remèdes". Ces derniers ne sont appelés ainsi que parce qu'ils sont moins connus, mal ou même pas du tout testés et que par conséquent ils ne figurent pas au répertoire comme ils le devraient en raison de leur utilité possible. Pour éviter cet écueil, certains auteurs préconisent de se contenter lors la répertorisation, de choisir trois symptômes de très haute valeur, non liés directement, mais représentant la Totalité des symptômes du patient. C'est la méthode du Trépied de Hering ou du "Syndrome minimum de valeur maximum".
Il y a beaucoup de répertoires sur le marché, le plus connu et le plus largement utilisé étant le "Repertory of the Homœopathic Materia Medica" de J.T. Kent. Ce dernier, comme la plupart des autres, est lourdement déséquilibré en faveur de certains remèdes, tandis que d'autres, d'usage courant, y figurent peu, voire pas du tout. Jusqu'à un certain point, ce déséquilibre peut-être surmonté en usant de plusieurs répertoires différents. Il faut faire attention à ne pas reprendre plusieurs fois le même symptôme sous des formes légèrement différentes, sinon, la prescription sera déséquilibrée en faveur de ce même symptôme. Le répertoire de Kent est également largement basé sur une symptomatologie subjective qui est très difficilement accessible au vétérinaire praticien. Il y a malheureusement bien des cas où le remède d'une rubrique spécifique n'apparaît pas dans la rubrique générale et peut donc passer inaperçue du vétérinaire. Bien des répertoires souffrent de leur âge. La vie est aujourd'hui bien différente de ce qu'elle était à la fin du XIXème et au début du XXème siècle, époque où ces ouvrages ont été compilés. Des substances engendrant des modalités (particulièrement des remèdes orthodoxes ou des aliments de convenance) n'étaient alors pas connues. Malheureusement la seule solution à ces problèmes serait de retester ces remèdes – un travail quelque peu intimidant. Quelques groupes d'homéopathes modernes ont élaboré de nouveaux répertoires. De toute manière, pour pouvoir suivre l'évolution continuelle, de la vie, de l'expérience et de la médecine, ces ouvrages ne sont disponibles que sous forme de logiciels d'ordinateurs. Quelques répertoires imprimés (comme par exemple le "Répertoire synthétique" de Barthel et Klunker) existent, mais la majorité du temps, ils ne couvrent que quelques parties de la pathologie actuelle. Avouons cependant que dans la grande majorité des cas les répertoires anciens nous permettent déjà de faire un bon travail quotidien.

Neil Coode; Docteur vétérinaire
Traduction : J. Millemann; Dr. vétérinaire


Exemple

COLOCYNTHIS

Jacques Millemann; Dr. Vétérinaire

I - NOM ET SYNONYMIES

  • Allemand : Koloquinte.
  • Anglais : Bitter apple; Bitter cucumber.
  • Français : Coloquinte.
  • Latin : Citrullus colocynthis Schrad.; Curcumis colocynthis.

Appellation usuelle : Colocynthis.
En abrégé : Coloc.; chez Clarke : Col.

II - NATURE DU REMÈDE

1 - Nature Botanique

C'est une plante herbacée rampante du pourtour de la Méditerranée, de la famille des Cucurbitacées. Elle a des vrilles opposées aux feuilles découpées, et porte des fruits jaune-verdâtres, charnus, à pulpe blanchâtre et très amère, globuleux, d'une dizaine de cm, à écorce ligneuse : les coloquintes. Originaire des confins désertiques (Sahara), elle ne doit pas être confondue avec sa cousine la calebasse, dont l'écorce du fruit, beaucoup plus grand, sert de récipient en Afrique.

2 - Place Systématique

La coloquinte fait partie des dicotylédones gamopétales (pétales des fleurs soudés), à ovaire infère. Il se classe dans l'ordre des Cucurbitales qui comporte une seule famille, celle des cucurbitacées. Cette dernière se caractérise par la présence de deux cercles libéroligneux dans les tiges et les racines. Les 5 étamines sont généralement partiellement ou entièrement (Bryone) soudées, la cinquième pouvant rester libre. Les étamines à une seule loge, sont plus ou moins contournées. Les fleurs sont unisexuées dans certaines espèces. Dans le genre Citrullus, la soudure de la corolle est réduite à la base.

3 - Composition et Principes Actifs

Aux résinoïdes irritants (bryorésines) et aux alcaloïdes de la Bryone (élatéricine, cucurbitacine…), il faut ajouter un alcaloïde non modifié par la dessiccation : la colocynthine, ainsi que de l'acide caféique, et de l'acide férulique.
C'est l'un des purgatifs les plus drastiques qui soient.

4 - Mode De Préparation

Elle est classique et se fait à partir de la pulpe fraîche ou desséchée des fruits récoltés à maturité, écorcés et épépinés.

III - TOXICOLOGIE

Survient par consommation de la plante. Elle concerne surtout les herbivores : Bovins, ou plus rarement Équins. Il arrive que des Porcs soient touchés. Le seul traitement est symptomatique (adsorbants comme le charbon activé, tranquillisants, pansements gastro-intestinaux).

1 - Aiguë

Stupeur, incoordination motrice, opisthotonos et convulsions.
Dyspnée, exophtalmie, pouls faible, priapisme.
Hypothermie et mort rapide.

2 - Chronique

Nausées, sueurs, coliques violentes, diarrhée intense, aqueuse avec ténesme et polyurie.

3 - Autopsie

Gastro-entérite aigüe, œdème pulmonaire, et congestion généralisée de l'appareil digestif, parfois même avec perforation.
Pétéchies voire hémorragies sur les muqueuses digestives et les reins.

IV - USAGES ALLOPATHIQUES

C'est un purgatif drastique et dangereux, pratiquement inutilisé à cause de son amertume extrême, et du danger de son usage. La pulpe du fruit a cependant été utilisée sous forme de "vin de coloquinte" (5 g De pulpe macérée pendant 8 jours dans du vin de Madère : 1 cuillérée à soupe toutes les heures, jusqu'à obtention de l'effet), ou associée sous forme d'extrait à l'aloès et la scammonée (à 0,05 g dans des pilules purgatives).
Une décoction de graines et de la pulpe des fruits a été utilisée en lavages pour lutter contre les fourmis et les cafards.

V - ACTION HOMÉOPATHIQUE GÉNÉRALE DU REMÈDE

La coloquinte a un tropisme nerveux périphérique (névralgies…), un autre plus gastro-intestinal, et enfin un tropisme uro-génital. Pour Mezger, tous les organes creux de l'abdomen (estomac, vésicule biliaire, vessie, intestin, urètre etc.) peuvent être frappés de crampes ou de douleurs tranchantes extrêmement violentes, survenant brusquement, par crises qui se répètent, obligeant à se plier en deux, car améliorés par la pression forte. Colocynthis, administré entre les crises, permettrait d'éviter le recours aux analgésiques allopathiques, à condition que l'on ait respecté les modalités du remède.
Sommeil agité, avec des crampes douloureuses, ou au contraire insomnie, avec agitation due à une indigestion, une indignation, une colère etc. Douleurs souvent d'un seul coté.

VI - MODALITÉS, PÉRIODICITÉ, ÉTIOLOGIES

1 - Aggravations

Par le mouvement (net, même si moins affirmé que pour Bryonia).
Par tout ébranlement (éternuement, toux, voiture…).
Par le contact, ou le simple poids d'une couverture.
De suite après manger ou après boire.
La nuit.
Toute colère, irritation, frayeur ou émotion forte, surtout réprimée.

2 - Améliorations

Plié en deux (douleurs abdominales).
Par le repos.
Par la pression forte, couché sur le coté ou le membre douloureux.
En se cambrant (douleurs de la hanche ou du bas du dos).
Par la chaleur.
Par le mouvement violent (contrairement à Bryonia).
Par l'émission de selles et de flatulences (coliques).

3 - Étiologies

Violente émotion, surtout réprimée : colère, indignation, vexation, frayeur.
Abreuvement glacé de l'animal échauffé. Indigestion.
Suppression des chaleurs ou de lochies.


VII - SYMPTÔMES HOMÉOPATHIQUES

1 - Psychisme Et Émotionnel

Hypersensible, écorché vif, impatient, il ne peut rester couché tranquille : il se tourne et se retourne violemment. Très inquiet, angoissé, l'esprit ailleurs, il se vexe et se fâche pour un rien. Un cercle vicieux s'amorce dès lors, car il est fortement aggravé par les émotions violentes (colères, vexations, humiliations…).
Tendance à se négliger.

2 - Symptômes Généraux

Pour Clarke, la caractéristique principale du remède est une douleur abdominale mortelle, obligeant le patient à se plier en deux, et à se tortiller pendant toute la durée de la crise douloureuse.
Vertiges en tournant rapidement la tête, avec tendance à la chute.

3 - Symptômes Régionaux

Organes Des Sens

Yeux
Douleurs oculaires, avec diminution de la vision. Douleurs violentes avec strabisme divergent de l'œil droit. Sècheresse et brulure aggravée par le frottement. Larmoiement corrosif à droite.

Oreilles
Chaleur et obstruction de l'oreille. Prurit irradiant de la trompe d'Eustache au tympan. Un doigt dans l'oreille engendre une vive défense.

Nez
Coryza fluent, douleur irradiant vers la racine du nez.

...

VIII - INDICATIONS - EXEMPLES D'UTILISATION CLINIQUE

Douleurs abdominales violentes, d'origines diverses (coliques, dysenterie, ovarite, péritonite, névralgies, sciatique, douleurs néphrétiques, utérines…);
Arthrites, notamment goutteuses ou rhumatismales.
Dysplasie coxo-fémorale, avec luxation spontanée de la hanche (dans le répertoire).
Coliques du cheval (cheval à la tête meurtrie par les chocs subis en se débattant), surtout si l'animal prend une position de chien assis ! (Donc plié en deux) (Confirmé cliniquement A. & B. Czernicki).

IX - RELATIONS MÉDICAMENTEUSES

Colocynthis passe pour être l'aigu de Magnesia phosphoricum. Si le patient présente des sueurs acides et de la diarrhée, Magnesia carbonica sera préférable.
Colocynthis, Causticum et Staphysagria forment le trio des remèdes de suites de colère !

1 – Comparaisons

Basées Sur La Botanique
Dans l'ensemble, les Cucurbitacées, Bryonia, Colocynthis ou Elaterum, sont améliorées par la pression et en se pliant en deux. Il y a quand même des différences dans les nuances :
- Bryonia est plus névralgique et plus inflammatoire et ne bouge guère.
- Elaterum est plus humide, et a ses éjections verdâtres, violentes et muqueuses.
- Colocynthis a aussi une étiologie par colère réprimée.

Dans Les Crampes Douloureuses Et Paroxystiques
- Cuprum est plus violent, facilement convulsionnaire et présente des crampes qui ont tendance à irradier.
- Plumbum cherche à rentrer le ventre comme pour insérer son nombril entre les corps vertébraux. Sa sciatique est plus chronique, plus progressive et s'accompagne d'une amyotrophie.
- Cocculus a des nausées, le mal des transports, et des frissons. Il n'aime pas sortir à l'air libre. Il a les pattes coupées par l'émotion.
- Bryonia ne bouge pas, et quand il boit, il boit comme un trou.
- Chamomilla est un violent méchant, qui pique sa crise après une colère, et fait de la diarrhée.
- Dioscorea se redresse et cherche à se plier en arrière.

2 – Antidotes

Camphora; Causticum, Coffea; Staphysagria.
Chamomilla; Opium.
Cocculus.

X - CONCLUSION

Grands Signes d'Appel du Remède

Amélioration par la pression forte.
Suite de colère de vexation ou de frayeur.
Diarrhée flatulente, de suite après manger et après boire.

  • Keynotes s'il y a lieu.
  • Profondeurs d'action du remède.
  • Caricature (si possible aussi par espèces).

XI - CAS CLINIQUES

"QUELLY" EST VEXÉE : UNE JUMENT À COLIQUES

Pâques 1992.
Madame A.J., d'Illkirch-Graffenstaden, m'appelle : sa jument "Quelly" (Selle Français, de 10 ans) fait une grosse crise de coliques. Au manège, lors du dressage, elle a eu un gros conflit avec sa maîtresse et cavalière, jeune femme gentille, mais pas très patiente. Trois mois auparavant, la jument avait déjà eu une crise de coliques. Cette dernière avait été très violente, et avait duré plus de trois jours. Elle avait fait suite à un coup de badine sur les oreilles, reçu 48 heures auparavant, et cédé après administration de purgatifs allopathiques, et de plusieurs injections d'antispasmodiques. Je ne puis recueillir de signes cliniques valables.
Il reste à pousser l'interrogatoire. Madame J. me décrit sa jument comme une "caractérielle" et me dit : "Si j'arrive un peu en retard pour le travail, "Quelly" m'accueille mal. C'est comme si elle disait : c'est pas le moment ! Maintenant je mange mon foin ! On l'a achetée quand elle avait 9 mois. Elle ne connaît que nous. Elle est très gentille mais imprévisible. Elle est toujours "sur l'œil" ! On doit toujours rester sur ses gardes avec elle. Il arrive qu'elle ne bronche pas lorsqu'un gros camion passe, mais qu'elle saute en l'air pour un papillon ou une fleur qui bouge dans le vent. Au pré, elle est impeccable, plus calme etc.". Elle est vorace, et tape sur la porte quand c'est l'heure de manger. Elle est très agressive envers les autres chevaux. Quand elle a des coliques, elle marche très raide et traîne un peu l'arrière-train.
Finalement, seule "l'étiologie" peut mettre sur la voie du remède homéopathique. Il y a une suite de vexation. La prescription est donc osée, mais peut se révéler payante. Une dose de Staphysagria 9 CH reste sans effet. Alors je fais donner entre lèvre inférieure et gencive une dose de "X" en 9 CH.
"Quelly" semble se calmer un peu après dix minutes. Vingt minutes plus tard, elle élimine une crotte dure et la crise est terminée. Sa maîtresse, revue aujourd'hui, m'annonce fièrement que "Quelly" n'a plus refait de crise de coliques depuis, et qu'elle se porte bien. Elle ajoute, ensuite : "Je crois que je fais aussi plus attention avec elle, lors des séances de travail".

Quel était le remède ? "Colocynthis" évidemment. Précisons que la violence de la première crise de coliques aurait pu faire penser à Colocynthis (jument pliée en deux, ou en chien assis ? mais, soit cette modalité n'avait pas été notée, soit on avait oublié de me la mentionner malgré mes questions)

Jacques Millemann, Soultz-sous-Forêts le 18/09/94 in "Dynamis".