PCKent 2 : Testimonials

BROUSSALIAN Edouard
 

Quand la passion de l’homéopathie vous habite, la partager devient une idée fixe. Il s’agit moins de prosélytisme que d’avoir réalisé combien de nombreux patients demeurent encore dans l’ignorance de l'homœopathie et continuent de souffrir là où une dose convenablement choisie obtiendrait vraisemblablement un résultat brillant.
C’est dans cet état d’esprit que je programmais en 1978 le logiciel Mélanie, devenu depuis le digne ancêtre de "l’homéotique", sur Apple II, d’après la traduction par mon père du Répertoire. Grâce aux données saisies par Alain Drozd, président d’International Computer, le logiciel parvenait à calculer les remèdes présents dans l’intersection de deux rubriques parfois en moins d’une minute, ce qui nous semblait déjà époustouflant !
Cependant, il devint rapidement apparent que la puissance limitée des machines de l’époque était incompatible avec le cahier des charges ambitieux que je commençais à dresser.
Aussi, en attendant que le progrès technologique permette la réalisation de nos idées, me semblait-il logique d’améliorer la base de données: une traduction du Répertoire de Kent à la fois complète et rigoureuse étant le préalable indispensable à tout autre développement. Ainsi commençait le grand chantier de la traduction qui devait m’occuper plus de cinq années. Le succès remporté par la diffusion du livre, dont la première édition fut épuisée en moins d’un an, m’encouragea à revenir sur la scène de l’informatique.
Il ne restait plus qu’à laisser au "hasard" le soin de bien faire les choses. En l’occurrence, j’eus la chance d’avoir à soigner Nicolas Massonnat et sa grande famille. Celui-ci, séduit par les résultats de l’homéopathie me proposa ses compétences en informatique... et nous voici lancés dans PcKent !
Notre ligne de conduite dans le développement du logiciel, selon le cahier des charges que j’avais mûri depuis des années, a été la convivialité avant tout. Ce choix devait compliquer terriblement le travail des informaticiens, et nous comprîmes mieux le pourquoi du côté "rustique" des autres logiciels. Je crois qu’il n’y a pas une seule étape où nous n’ayons dû faire face à de nombreux problèmes causés tantôt par une programmation très complexe, tantôt par des incohérences ou même des bugs de Windows lui-même et qu’il nous fallait corriger. Rien que la conversion du texte du Répertoire en base de données exploitable par PcKent a demandé près d’une année. Il m’a fallu rigoureusement contrôler et recontrôler chaque rubrique, vérifier toutes les fois qu’une abréviation n’était pas classée alphabétiquement s’il ne s’agissait pas d’une coquille typographique, relire encore deux fois tout le répertoire afin de rajouter des liens entre les rubriques et modifier certaines traductions, rectifier l’énoncé des rubriques de sorte que le mot-clé important soit situé en début, incorporer encore quelques ajouts, etc.

I - Une volonté de rigueur et de fiabilité
L’idée directrice de PcKent se résume en peu de mots : isoler vite et bien le ou les remèdes de la Matière Médicale qui couvrent au mieux les symptômes du cas.
Pour parler de façon imagée, nous cherchons à réaliser une superbe voiture de course là où d’autres vous proposent un semi-remorque en guise d’aide au diagnostic. Pourquoi un semi-remorque direz-vous ? Car à défaut d’idées innovantes et d’une réflexion authentique sur le répertoire et l'homéopathie, les éditeurs de logiciels se sont lancés à corps perdus dans la course aux Méga-Octets. Un tel vous propose dix Matières Médicales, tel autre vingt, leur concurrent toute la littérature disponible. Ceci n’aboutit qu’à un seul résultat: diluer l’essentiel, et finalement perdre l’utilisateur.
On a cherché à faire croire qu’il suffirait d’une requête lancée à travers toutes les Matières Médicales pour recenser illico tous les remèdes incriminés dans un cas donné. Hélas, comme un chalut peut rapporter du poisson tout aussi bien que des cailloux et des vieux pneus, ce genre de recherche égare le plus souvent. Il n’y a pas deux expérimentateurs qui aient utilisé le même langage pour décrire leurs symptômes, pas deux auteurs qui aient un style assez rapproché pour établir des comparaisons valables. De ce fait, il devient impossible de faire des recherches exhaustives et bien ciblées. Soit on filtre trop la recherche et l’on est sûr de manquer des mots de sens voisin. Soit on ne filtre pas assez et la recherche aboutit à une montagne de symptômes sans intérêt que seule l’intelligence humaine peut trier. Pour arriver à un résultat présentable il faudrait élaborer des outils sémantiques très complexes tenant compte des synonymies, analogies, etc., qui prendrait des années de mise au point, et encore dans une seule langue... Le Répertoire présente donc l’immense avantage de fédérer sous un même énoncé plusieurs remèdes dont la description serait autrement éparse dans la Matière Médicale.
A l’avenir plusieurs dizaines de milliers d’ajouts inédits viendront compléter PcKent depuis l’Encyclopédie de Hering, non pas grâce à des requêtes informatiques sans discrimination mais par un travail quotidien de bénédictin qui consiste à relire le Hering remède par remède tout en le comparant avec le contenu du Répertoire. Ce travail que j’ai commencé voici deux ans, se poursuit maintenant grâce à l’aide précieuse d’une dizaine de confrères, de sorte que nous avons espoir de finir avant la fin du siècle.

II - La charpente de PcKent
Comment parvenir à isoler rapidement le remède indiqué ? Pour répondre à cette question, il faut dégager les étapes du raisonnement qui aboutit à la prescription:
La première, fondamentale, est une phase d’analyse pendant laquelle on cherche à établir l’image symptomatique, le portrait du cas. Ce recueil de symptômes doit bien entendu conduire à une valorisation des signes, sans laquelle on ne fait qu’une prescription mécanique et non pas artistique comme disait Kent.
La hiérarchisation des signes et la recherche des remèdes correspondants dans la Matière Médicale constitue ensuite une phase de synthèse au cours de laquelle on fait appel au Répertoire. C’est ce que l’on appelle la "répertorisation", si on m’accorde ce néologisme assez affreux.
Il est rare et souvent dangereux qu’une répertorisation initiale ne conduise qu’à un seul remède. En général on aboutit à un groupe de remèdes à partir desquels il faudra mener un raisonnement déductif pour trouver des signes qui nous avaient échappés en première analyse. C’est le diagnostic différentiel. Dans ce choix interviendra souvent la notion de complémentarité entre les remèdes: j’ose croire par exemple que personne ne prescrira Sulfur d’emblée si Pulsatilla ou Nux couvrent tout aussi bien le cas.
Décrivons maintenant rapidement les moyens offerts par PcKent pour franchir chacune de ces étapes.

1- La recherche des symptômes
Il faut nous rappeler que l’homéopathie est une science mais aussi un art. Mettre le patient en confiance, l’observer, l’examiner, recueillir les symptômes réclame un apprentissage long et difficile. Dans ce domaine, il est clair que l’absence d’une bonne formation pratique se fait cruellement sentir.
L’obstacle majeur que rencontrent les débutants est de repérer la rubrique désirée dans le Répertoire. Dans ce but nous avons doté PcKent de toute une panoplie d’outils extrêmement efficaces et complètement inédits.

a - L’index général
Comme nous allons le voir, l’Index Général est un apport majeur dans la simplification de l’usage du Répertoire dont l’organisation en sections est certes commode pour qui utilise le support papier, mais qui oblige:

   - à en connaître l’organisation selon le schéma de Hahnemann,
   - pour chercher ensuite dans la section désirée la bonne rubrique.

Dans la seconde édition du Répertoire, j’avais pris en compte le vaste courrier qui m’avait été adressé par les utilisateurs et créé l’index général dont la présentation permet de repérer non seulement la page où figure un mot mais aussi la section et le type de rubrique.
L’idée était lancée: créer et gérer des index, voilà typiquement ce qu’un ordinateur sait faire. Cela dit, il fallait bien constater que jusqu’à présent personne n’avait exploité la puissance de l’ordinateur pour implémenter les raffinements dont nous autres praticiens avons besoin; dois-je rappeler que nous passons notre temps à discriminer et valoriser, aussi n’est-il pas tolérable qu’une machine nous fournisse du travail supplémentaire au lieu de nous aider efficacement.

PcKent peut vous produire instantanément les occurrences du mot "été" où que ce soit dans le Répertoire, ce qui abolit tout apprentissage préalable de la structure des sections. Cependant cela ne suffit pas: l’utilisateur doit être en droit de savoir s’il s’agit du participe passé du verbe être ou bien de la saison. Le mot "arrivent" doit-il être pris dans le sens de parvenir (arriver à faire) ou celui de survenir (les règles arrivent) ? Le mot "bouchée" signifie-t-il obturée ou indique-t-il une bouchée d’aliments ?

Vous l’avez compris, je veux en venir à la notion essentielle d’homographes qui permet enfin de donner un sens aux recherches effectuées dans l’index. Dieu sait que la langue française ne manque pas d’homographes, mais nous avons pris la peine de les séparer tous, non seulement pour la recherche de l’index comme nous venons de le voir, mais aussi afin de pouvoir rapprocher des mots de sens proche. Pour reprendre notre exemple du mot "été", il serait absurde de le rapprocher de "printemps" ou "saison" si les homographes n’avaient été séparés auparavant.
Pour chacun des mots du Répertoire, PcKent vous donne accès :
   - aux mots identiques (genre, nombre, formes conjuguées, abréviation)
   - aux mots de la même famille (même racine lexicale)
   - aux mots de sens proche (synonymes, etc)
   - aux mots de sens large (doigt, phalange, ongle par exemple)
   - aux complémentaires.

Et maintenant imaginez la complexité du code qui a permis la mise en oeuvre de ces techniques : le nombre de mots n’est pas limité, vous pouvez inclure dans une recherche un, plusieurs ou la totalité des mots rattachés à un autre. Plus fort encore, PcKent cherche aussi par exemple les identiques des sens proche, etc.
Une fois que vous avez repéré la rubrique désirée, il ne vous reste plus qu’à l’intégrer à votre répertorisation d’un double clic de souris. Il vous est également possible d’appuyer sur le bouton droit de la souris pour ouvrir le Répertoire à l’emplacement de la rubrique désirée. En fait, il vous est possible d’ouvrir autant de fenêtres que vous le désirez et qui pointent chacune une section déterminée. PcKent vous permet de n’afficher que les chapitres, ou n’importe quel niveau du Répertoire. De clic en clic, il vous est possible d’ouvrir les sous-niveaux suivant pour explorer tout le contenu de la section.

b - Les références croisées
Nous venons de voir comment PcKent exploite les liens entre les mots du Répertoire. Mais existent aussi des liens entre les rubriques, ce que nous appelons "références croisées" et qui permettent de rapprocher des symptômes de sens proche.
Si vous avez déjà eu l’occasion d’observer un utilisateur chevronné du Répertoire, vous n’aurez pas manqué de le voir tourner et retourner ses pages à la recherche de la nuance exacte, quitte à combiner des rubriques. Le Répertoire personnel du Docteur Schmidt est couvert de flèches qui traversent les pages entre rubriques de sens proche.
Je dénombre aujourd’hui plus de 27.000 références qui parcourent le Répertoire en tous sens comme une immense toile d’araignée invisible et dont nous avons tissé les liens un par un... Le résultat est à la hauteur du travail accompli: comme tout système "hypertexte" un clic de souris vous propulse d’une rubrique à une autre jusqu’à ce que vous trouviez la nuance exacte.
Mais au fait, qui vous oblige à garder une seule nuance ? Nous verrons plus loin lors de la répertorisation comment l’ordinateur conserve les liens entre les rubriques pour éviter d’éliminer à tort un remède à cause d’une nuance de sens.

c - Les plans synoptiques
Tous ceux qui utilisent mon adaptation du Répertoire connaissent les plans synoptiques qui permettent de se repérer dans les rubriques selon un ordre logique. Cette idée de classement était parue pour la première fois dans la version du Répertoire publiée par mon père en 1966.
Comment aider le débutant tout comme l’utilisateur chevronné à comprendre une section qui commence par "abcès" et qui finit par "vide" ou "zymotique" sans autre lien que le "désordre alphabétique" comme disait Hering ?
Eh bien, tout simplement en se référant à notre pratique de tous les jours ! Les symptômes se divisent en deux catégories : ceux que le malade ressent, et ceux que le médecin peut observer. Dans notre jargon médical, cela devient les sensation et les signes objectifs. Initialement, mon père distinguait aussi les signes lésionnels, mais la séparation est par trop arbitraire (certains signes identiques pouvaient se trouver classés en signes objectifs dans une section, en signes lésionnels dans une autre), aussi l’ai-je abandonnée au profit d’une troisième classe de symptômes qui recrute aussi bien parmi les signes objectifs que les sensations.
Je veux parler des signes caractéristiques, qui peuvent être aussi des modalités générales. Prenons par exemple la rubrique "Découvrant la tête, agg en". Cette rubrique recense les remèdes qui conviennent aux gens qui ne peuvent pas supporter d’avoir froid à la tête sous peine de tomber malades. Dans un souci de classification, la rubrique se trouve donc à la section Tête, mais il est évident qu’il s’agit d’un signe général et qui mérite de sortir du cadre purement local de l’extrémité céphalique puisque c’est une réaction de tout l’organisme qui s’exprime à travers la tête.
Il nous a suffi ici encore d’un peu de persévérance pour apprendre les plans synoptiques rubrique par rubrique à l’ordinateur, de sorte qu’il ne reste plus à l’utilisateur qu’à cliquer avec la souris pour ouvrir, refermer à volonté les plans et sous-plans et se propulser à l’endroit désiré du Répertoire.
Du coup, pour l’ordinateur, une rubrique n’est plus un numéro anonyme que rien ne différencie de la voisine, mais un signe général, une sensation, un signe objectif, une localisation, une modalité, etc.
Je vous laisse imaginer le genre de recherches rendues désormais possibles... mais vous aurez compris qu’au delà d’un simple rôle de signalisation, les plans synoptiques vont jouer un rôle essentiel dans la répertorisation puisqu’ils permettront de définir la valeur absolue d’un symptôme.

2 - La répertorisation
Quels sont les progrès accomplis depuis les bonnes vieilles grilles de répertorisation qu’il fallait remplir au crayon case par case ? Avant tout la vitesse à laquelle l’ordinateur compose l’affichage, calcule les scores de remèdes, etc.
Mais sur le fond, l’ordinateur n’amenait pas jusqu’à présent de progrès réel et se contentait de faire de belles additions. C’est à la trivialité de cette méthode qu’on doit le reproche classique à l’encontre des logiciels : ne "sortir" que des polychrestes.
Certains auteurs ont présenté des systèmes baptisés "experts", véritables boîtes noires au fonctionnement inconnu et secret, censés désigner le remède correct, à charge pour l’utilisateur d’enfourner en vrac dans la machine les symptômes à étudier. Pour certains, une autre approche consistait à demander à l’utilisateur de saisir une valeur de 1 à 3 du symptôme qu’il désire entrer. Je pense qu’il nous fallait un peu ordonner ce joyeux désordre et tenter de dégager quelques règles.
La stagnation de la répertorisation est bien évidemment due au fait que jusqu’à présent, pour la machine, l’horizon était uniformément plat, aucun symptôme ne pouvant se différencier d’un autre. Une fois de plus, il fallait valoriser.

a - Valorisation absolue des symptômes
Cette valeur se conçoit indépendamment de tout contexte clinique, et se déduit tout simplement de la façon dont le symptôme reflète le malade ou seulement une de ses parties.
Grâce aux plans synoptiques, il est possible d’attribuer automatiquement à un symptôme une grande valeur s’il est caractéristique ou s’il est une modalité générale affectant tout l’organisme. Cette valeur sera moindre pour une sensation, et encore moindre pour un signe objectif. Grâce au travail de fourmi qui a consisté à marquer chaque rubrique du Répertoire, l’ordinateur recherchera en priorité le médicament qui couvre le mieux le maximum de signes importants.
Simple et très efficace !

b - Valorisation relative des symptômes
Les contextes différents dans lesquels on rencontre le même symptôme nous permettent d’introduire la notion de valorisation relative des symptômes.
Certaines fois, il est utile de raisonner en partant du principe que tel symptôme est de la plus haute importance pour le cas donné : c’est un symptôme "pivot", on postule que le remède sélectionné devra a priori figurer parmi cette rubrique. Il suffira d’indiquer à l’ordinateur d’accroître la valeur du ou des symptômes considérés comme importants. Vous noterez en passant combien cette approche est bien plus fine et cohérente que de multiplier par 2, 3 ou 5 les degrés des remèdes d’une rubrique.
D’autres fois, il nous arrive de tenir compte d’un signe dont on n’est pas sûr. Mais ce faisant, on perturbe par sa présence la répertorisation. Il vous suffit de demander à PcKent de l’inactiver, de sorte que les remèdes sont toujours affichés mais sans entrer dans le calcul des scores.

c - Valorisation relative des remèdes
Puisque nous parlions plus haut des degrés, je crois utile de préciser un point important : prescrire un remède selon son score dans la somme de ses degrés est une approche extrêmement pernicieuse. Bien évidemment, cela amène à considérer en premier les polychrestes au dépens d’autres remèdes moins expérimentés. Le mieux consiste à afficher les remèdes selon la façon dont ils couvrent le cas (ceux présent partout, ceux absent une fois, etc.).
Mais une notion nouvelle restait inexploitée: la valorisation relative d’un remède. Prenons un exemple. Si je vous demande les deux principaux remèdes dans l’Irritabilité le soir, il y a de fortes chances que vous répondiez Sulfur et Zincum parce que vous les voyez au troisième degré. Pourtant, si vous considérez la rubrique générale Irritabilité, ces deux remèdes figurent aussi au troisième degré, cela signifie que ce sont des remèdes irritables dans n’importe quelle circonstance, aussi bien le matin, le soir, pendant la selle, en mangeant, etc.
En fait, grâce à ce principe, le premier remède à considérer dans l’irritabilité le soir est Zingiber car il est frappant de le trouver ici au second degré, alors qu’il est absent de la rubrique générale. C’est dire que cette modalité du soir est importante et caractéristique chez lui puisqu’il n’en possède pas d’autre de façon générale.
Ensuite, il faudra examiner Cainca, Juglans regia, Oxalic acidum et Sumbul, tous cités au premier degré et absents de la rubrique générale. Certes, ces derniers remèdes peuvent être un jour appelés à figurer dans la rubrique générale au terme d’une nouvelle expérimentation, mais à ce jour ils n’ont produit d’irritabilité que le soir.
Ce n’est qu’après avoir examiné tous ces remèdes qu’il faudra considérer les autres, en commençant par Sulfur et Zincum puisque leur troisième degré indique une fiabilité et une probabilité importante.
Cette valorisation relative incorporée à la répertorisation permet de faire ressortir tout naturellement des remèdes peu connus ou de souligner l’importance particulière de certains remèdes selon les circonstances. Ceci est spécialement utile dans les cas pauvres en symptômes.

d - Références croisées
Abordons maintenant un autre point aussi important que la notion de valorisation. Comme nous l’avons vu plus haut, il n’y a pas deux expérimentateurs qui aient utilisé le même langage pour expliquer les symptômes ressentis lors d’une pathogénésie. Dans une large mesure le Répertoire estompe cette disparité, mais persistent tout de même des nuances de sens qu’il faut savoir rapprocher. Ainsi Timidité et Manque de confiance, Peur d’une maladie et Pensées de maladie ou Anxiété pour sa santé, etc.
Comment être sûr de ne pas exclure à tort un remède si l’on choisit une rubrique plutôt qu’une autre ? Les références croisées constituent une première réponse.
PcKent gère de façon toute intuitive les connexions entre les rubriques: quand vous en chargez une dans le portrait du cas, le logiciel connaît automatiquement tous les liens possibles. Sur un simple clic de l’utilisateur, PcKent affiche l’arborescence des références croisées de la rubrique en cours. Ce mécanisme de liens vous donne accès à une sophistication jamais encore égalée: supposons qu’une rubrique R ait pour références croisées trois rubrique R1, R2 et R3. L’ordinateur proposera de compléter sur votre demande la rubrique R avec des remèdes en provenance de R1, R2 ou R3, voire toutes. Plus fort encore, R1 peut à son tour pointer vers R11, R12, R1n ; ou bien R3 vers R31 et R32, lesquelles à leur tour peuvent pointer vers d’autres, etc.
Vous l’avez compris, cela peut aller très loin dans la récursivité. Pendant que l’ordinateur affiche toute l’arborescence, libre à vous de choisir encore d’autres rubriques à lier dans la répertorisation.
Certes, plus on progresse dans l’arborescence, plus on s’éloigne du sens initial. Néanmoins, ce développement est souvent bien utile : PcKent nous montre quantités de rubriques auxquelles on n’aurait pas pensé de prime abord, ce qui permet de poser de nouvelles questions au patient, et d’autre part de bien préciser toutes les nuances de sens qui ne sont parfois pas évidentes.

e - Généralisation
Les références croisées nous ont permis d’établir des liens horizontaux entre les rubriques, il nous faut voir maintenant un autres type de lien, vertical celui-ci, et qui définit la généralisation. Très souvent Kent met l’accent sur l’usage des rubriques générales lorsqu’il donne la meilleure façon d’exploiter le Répertoire, en insistant sur le fait qu’il ne faut pas hésiter à généraliser une rubrique trop petite, etc.
Nous allons voir ce que cela signifie grâce à un petit exemple : si nous prenons Céphalée occipitale avant les règles, nous n’avons que trois remèdes qui conviennent. Evidemment, lors de la répertorisation, se produira un "trou" dans la colonne de bien des remèdes à cause de ce petit symptômes. Néanmoins, il sera possible de le généraliser. Le premier niveau consiste à remplacer cette petite rubrique par les remèdes qui ont la Céphalée Occipitale en général et la Céphalée avant les règles. Si cela ne suffit pas pour voir apparaître des remèdes couvrant cette fois tous les symptômes du cas, on peut encore généraliser en combinant Céphalée Occipitale en général et Aggravation en général avant les règles à la section Généralités.
Le processus de généralisation découle de la structure même du Répertoire : tout remède présent dans une rubrique peut être ajouté dans n’importe laquelle de ses sous-rubriques éventuelles. Pour prendre un autre exemple, on trouve trois remèdes (Natrum carbonicum, Nux-vomica et Phosphorus) pour le pryrosis après des aliments gras. En fait on peut ajouter à cette rubrique tous les remèdes cités à la rubrique Pyrosis en général. Tout spécialement il faut observer que Pulsatilla figure au troisième degré dans le pyrosis et rapprocher ce fait de la classique aggravation générale de Pulsatilla par le gras pour rendre compte du très grand nombre de cas de pyrosis après des aliments gras guéri par Pulsatilla, alors qu’il ne figure même pas dans la rubrique ! En toute rigueur la petite rubrique devrait se lire "pyrosis spécialement après les aliments gras: Nat-c, nux-v, phos". Il serait certainement absurde de considérer que trois remèdes en tout et pour tout puissent convenir à un signe aussi banal, mais pour autant cette petite rubrique ne doit pas être méprisée car elle se comporte comme un raccourci pour pointer éventuellement sur le bon médicament, pour peu que les autres symptômes agréent.
A l’heure où j’écris ces lignes, j’en suis encore à introduire dans PcKent toutes les données de base (plus de 100.000 liens seront nécessaires). Le module de généralisation devrait être prêt courant 1999, et nous nous demanderons comment nous avons pu travailler sans lui...

3 - Le diagnostic différentiel
Après la phase d’analyse puis de synthèse répertoriale, venons-en au troisième et dernier volet de la démarche vers le remède à prescrire: la déduction.
Cette étape intervient quand on en est arrivé à sélectionner un groupe de remèdes qui couvrent les symptômes du cas. Pour progresser, il faut arriver à obtenir de nouvelles informations.
Jusqu’à présent, certains logiciels vous proposaient une sorte de listing des symptômes sur une ligne et jusqu’à six remèdes en colonne pour essayer de trouver une rubrique qui contienne l’un des remèdes mais pas les autres.
Hélas, on perçoit vite les limitations de cette approche car on affiche une masse d’informations souvent très peu pertinente. A quoi cela nous sert-il de savoir que tel remède a une céphalée le matin et que tel autre la présente pendant les règles ?
La solution passe une fois encore par la saisie d’une énorme quantité d’informations pour valoriser les rubriques entre elles. Désormais, à travers une base de plus de 40.000 liens, PcKent connaît pour toute rubrique celle qui a une signification opposée, ce qui définit une nouvelle sorte de lien après les références croisées et les généralisations.
Par exemple Amélioré au mouvement est le contraire d’Aggravé au mouvement, mais aussi éventuellement d’Aggravé en marchant. Droite, le contraire de gauche, haut le contraire de bas, etc. Bien d’autres oppositions sont plus subtiles par exemple la sensation d’être aspergé d’eau froide se trouve à Frisson, et son contraire, la sensation d’être aspergé d’eau chaude à Généralités au chapitre bouffées de chaleur. La rubrique Compassion s’oppose à Cruel, Egoïsme, Impitoyable, Insensible, Joie au malheur des autres.
Vous trouverez en annexe plusieurs cas cliniques illustrant les possibilités de ce nouveau système. Les résultats sont tellement étonnants qu’il m’arrive maintenant de prendre une seule rubrique caractéristique du cas et de demander immédiatement un diagnostic différentiel sur tous les remèdes à la fois, pour orienter rapidement l’interrogatoire !

III - Conclusion
"Beaucoup se tiennent autour du puits, mais il n’y a personne pour y descendre" (Paroles attribuées à Jésus, Evangile de Thomas).
Ce qui était vrai il y a 2000 ans le demeure aujourd’hui si l’on en juge par le nombre considérable de médecins intéressés par l'homéopathie mais qui "n’osent pas", rebutés souvent par la perspective de l’effort à fournir. PcKent ne peut apprendre à leur place la Matière Médicale, mais il se charge de tout le reste.
Les idées ne manquent pas pour de futures versions du logiciel, et c’est désormais une véritable équipe qui concrétise nos projets.
Je voudrais remercier ici tous ceux qui nous ont accordé leur confiance en achetant PcKent dès ses débuts, en nous permettant ainsi de poursuivre le développement du logiciel.
Grand merci aussi à tous les passionnés qui ont accepté de consacrer beaucoup de leur temps à saisir toutes les informations qui font la force et la richesse de PcKent, et au premier rang d’entre eux, au Docteur Yves Thomas dont le dévouement ne connaît décidément pas de limites.
PcKent repose sur une philosophie simple: la performance en homéopathie ne peut s’acquérir qu’au prix d’un travail patient et méticuleux.
Evidemment, ces principes nous situent aux antipodes de toutes les notions modernes de rentabilité, mais qu’importe car "dans un domaine qui peut sauver la vie, il est criminel de négliger d’apprendre" (Le médecin homéopathe ne soigne pas les verrues mais le malade déréglé dont la peau héberge des verrues).