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DE LA PSYCHIATRIE
À L'HOMÉOPATHIE

Author : Geneviève ZIEGEL

Description : Utile à un psychiatre ou à l'analyste qui pressent ce que l'homéopathie va lui apporter. Utile à l'homéopathe qui veut apprendre la psychiatrie. Le discours de ce livre a une double approche et contient des textes destinés tantôt au psychiatre, tantôt à l'homéopathe :
- une ouverture nouvelle traite des passions (colère, joie, émotion) et de leur potentialité d'évolution en terme de maladie;
- une partie de recherche présente également des rapprochement entre antidépresseurs et profils homéopathiques. Des analogies sont dégagées et aboutissent à une utilisation pratique.

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FRENCH DESCRIPTION

Table Des Matières

Préface

Introduction

Chapitre 1 - de la psychiatrie à l'homéopathie

Approche homéopathique en psychiatrie

  •  Intérêt de la connaissance homéopathique en psychiatrie
    • Du côté du médecin
      •  Intérêt théorique : la compréhension du trouble
      •  Intérêt pratique
    • Du côté du malade
  •  Homéopathie en psychiatrie - indications et limites

Diathèses et psychiatrie - perspectives nouvelles

  • Dans l'axe de la luèse
  • L'axe de la sycose
  • Le tuberculinisme
  • La psore

Les facettes de l'hystérie

  • Sepia
  • Platina
  • Palladium
  • Nux vomica
  • Moschus
  • Ignatia
  • Actea racemosa
  • Lachesis
  • Lilium tigrinum
  • Valeriana
  • Sumbul
  • Origanum
  • Murex
  • Castoreum
  • Lycopus
  • Crocus sativus — lycopodium

Les personnalités paranoïaques

  • La méfiance et l'orgueil
  • L'agressivité
  • La surestimation du moi
  • La défense contre l'homosexualité
  • La défense contre l'angoisse
  • Remise en ordre de l'univers
  • Investissement hypocondriaque du corps
  • Personnalités paranoïaques en homéopathie
    • Lycopodium
    • Lycopodium enfant
    • Arsenic album
    • Aurum metallicum
    • Quelques autres

Les portes d'entrée dans la psychose... La limite du rêve et du délire

  •  Les sujets à risque psychotique
    • Aspect diathésique
    •  L'âge de fragilité
  •  le diagnostic des psychoses précoces
    •  Les psychoses autistiques
    •  Les psychoses à expression déficitaire
    •  Les dysharmonies évolutives de la structure psychotique
  •  Les psychoses à extériorisation tardive
  •  Les épisodes psychotiques aigus
  • Les psychoses de l'adolescence et de l'âge adulte
  •  Les formes à début brusque

Psychisme des cardiaques

  •  Le cardiaque dans l'aigu
  •  Le cardiaque dans son aspect chronique
    •  l'anxiété
    •  la tendance dépressive avec rumination d'idées mélancoliques liée à la stase portale
    •  la tendance au délire et aux hallucinations
    •  les troubles du sommeil
    •  l'agitation
  •  Diathèses et pathologie cardiaque
    • La psore
    • Le tuberculinisme
    • La luèse
  •  Le candidat aux troubles cardiaques

Comportement des congestifs

  •  Congestion et désordres somato-psychiques
    •  Congestion : pathologie vasculaire à retentissement psychique
    •  Congestion : pathologie psychique à retentissement vasculaire
  •  la congestion et ses aspects psychologiques
  •  La congestion et sa dynamique psycho-pathologique

La migraine psychique

  • Migraines et psychisme
  • Les remèdes des migraineux
  • La migraine et sa signification
  • Conclusion

Psychisme et peau

  • Peau - zone frontière
  • Peau - zone limite
  • Peau - zone d'échange
  • La peau en psycho-somatique
  • La peau et diathèses
    • La psore
    • Le tuberculinisme
    • La sycose
    • La luèse

Allergie, maladie psycho-somatique ?

  • Allergie et psycho-somatique
  • Allergie et diathèses

Comportement du rhumatisant, sa psychologie

  •  Aspect diathésique
  •  Aspect psychologique
  •  Le rhumatisme et sa signification

Psychisme et sexualité

Psycho-pathologie de la passion

  • Passion et philosophes
  • Passions et diathèses
  • Les caractères passionnés

Aspects psychologiques de l'obésité par troubles des conduites alimentaires et homéopathie

  •  les conduites boulimiques
    • l'obésité compensation ou « manger pour se consoler »
    •  L'obésité agression : « manger pour punir »
    •  L'obésité protection : manger pour se soustraire
    •  Obésité opposition : manger pour ne pas ressembler à...
    •  Obésité punition : manger parce que l'on ne s'aime pas
  •  les alternances boulimie — anorexie
  •  les conduites boulimiques dans leurs aspects particuliers

L'anorexie mentale et ses principaux remèdes

  •  L'anorexie et son sens véritable
  •  Approche thérapeutique
  •  Les remèdes d'anorexie
  •  L'anorexie et son évolution

Du « soleil noir » à la douleur morale

J'ai pas l'temps

Le comportement de la femme fluorique

Qu'est-ce qui fait « craquer » les grands « remèdes » ?

Les personnalités peureuses

  •  La peur dans « son aspect » symptomatique
  •  La peur dans son aspect comportemental
  •  La peur dans son aspect camouflé

Approche homéopathique de la joie

  •  La joie expression de caractère
  •  La joie expression d'une personnalité
  •  La joie pathologique
  •  Joie symptôme
  •  La joie expression d'une pathologie

La colère

  •  Les coléreux rouges
  •  Les coléreux blancs
  •  Les colères de l'enfant

La relation mère-enfant en pédiatrie

  • La relation mère-enfant face au médecin
  • La relation mère-enfant et ses aspects particuliers
  • La relation mère-enfant et ses aspects pratiques en thérapeutique

Chapitre 2 - quelques psychismes comparés

  • Actea racemosa, platina
  • Psychismes comparés des natrum et des kali
  • Psychismes comparés de conium, causticum, natrum muriaticum
  • Lachesis en bref

Chapitre 3 - de l'homéopathie à l'allopathie, à propos de quatre thèses en pharmacie

  • Note au lecteur
  • De l'allopathie à l'homéopathie données nouvelles sur le sommeil
  • Antidépresseurs et profils homéopathiques
  • Du « témesta® » à argentum nitricum
    •  Point de départ du travail
    •  Éléments d'observation initiaux
    •  Hypothèses soulevées
    •  Interprétations possibles
    •  Problèmes méthodologiques
    •  Les risques de la dépendance
    •  Homéopathie et sevrage du témesta®

Introduction

Cet ouvrage n'est ni un manuel, ni une matière médicale à orientation psychiatrique.

Il est simplement l'aboutissement de tout un cheminement qui, de la psychiatrie dite traditionnelle, m'a amenée à l'homéopathie, en même temps qu'il se veut une contribution modeste à l'édifice fondé par Hahnemann et repris par Allendy, Gallavardin et, bien sûr, tout dernièrement par notre consœur et amie Jacqueline Barbancey dont les deux ouvrages Psycho-Pathologie en homéopathie ont amené un élément fondamental à l'éclairage de la matière médicale, dans sa richesse et son aspect si merveilleusement vivant.

Le titre, dans cette perspective, est tout à fait évocateur. Comment avec une formation de psychiatre et une connaissance de l'inconscient fortement marquée par l'apport et la formation psychanalytique aborder ces problèmes posés en pratique quotidienne ?
Comment garder à l'observation clinique toute sa valeur, à la compréhension psychologique toute son importance, en maintenant au-delà de tout cela, le sujet dans cette dynamique biologique qui est la sienne ? Somme toute comment ne pas le trahir dans ce qu'il exprime, révèle et parfois crie de lui-même dans sa totalité somato-psychique ?

En quoi l'originalité de la perspective homéopathique amène-t-elle à en percevoir les possibilités futures et les perspectives insoupçonnées ? Comment contribue-t-elle à la compréhension de sa dynamique psychologique, en éclairant le lien de cette dernière avec ce qui, dans son terrain ou sa constitution, va l'y prédisposer ?

En quoi cette approche conduit-elle sur le plan purement pharmacologique à ouvrir des portes imprévisibles dans la compréhension de certains domaines inattendus, avec les conséquences pratiques qui en découlent ? Je pense là au lien particulier entre certains remèdes allopathiques et certains remèdes homéopathiques avec tout ce que cela implique de surprenant et de précieux quant aux suites présentes à venir, pour un éclairage insoupçonné et nouveau des problèmes de sensibilité ou de dépendance à telle ou telle molécule.

Mon travail n'est donc là qu'un des maillons de cette longue chaîne qui de Samuel Hahnemann jusqu'à nos jours contribue à élargir la compréhension du sujet face à lui-même et face au monde qui l'entoure, en gardant bien présent à l'esprit qu'ici encore, plus peut-être que partout ailleurs, une porte ouverte ne peut révéler qu'une autre porte et qui, si tout n'a pas été fait, tout reste encore à faire et, bien sûr, à parfaire.

Mon ouvrage, de ce fait, comportera trois parties. La première réservée à des thèmes généraux traitant de sujets psychiatriques ou psychologiques précis repris à partir de données de la littérature la plus classique. La deuxième réservée à l'étude de certains psychismes dans leurs aspects comparatifs. La troisième aux aspects inattendus de l'homéopathie dans ses liens avec la pharmacologie. Certains textes publiés antérieurement y sont repris et remaniés. Chaque sujet étant traité dans un chapitre particulier, peut être lu isolément de l'ensemble. Il est donc bien compréhensible que cela puisse amener à certaines redites obligatoires mais utiles pour mettre en lumière certaines facettes de chacun des psychismes dans leur mode de fonctionnement spécifique. De plus, il faut souligner qu'il n'est guère aisé dans un discours unique d'utiliser une formulation qui puisse dans le même temps éclairer psychiatres, psychanalystes et homéopathes sur une approche qui, si elle concerne le même sujet, n'en garde pas moins une démarche et un langage bien différents.

Il est évident que bien des thèmes ne sont pas abordés, déjà traités ou encore insuffisamment expérimentés, mais peut-être feront-ils l'objet de prochains ouvrages personnels ou repris par d'autres ?

G. ZIEGEL


Exemple

PERSONNALITÉS PARANOÏAQUES EN HOMÉOPATHIE

L'angoisse profonde d'un Lycopodium, coincé dans la misère de sa pathologie ou celle d'un Arsenicum Album, problématique dans sa demande manifestée autant que dans sa demande cachée, témoigne déjà, dans la Matière médicale homéopathique, de ceux qui avec bien des nuances — individualisation oblige — peuvent être qualifiés de personnalités paranoïaques.

D'autres peuvent être évoqués, ici, qui comme Sulfur ou Aurum, présentent des traits paranoïaques, ou encore Platina, qui manifeste des aspects, presque des allures pourrait-on dire, paranoïaques. Il semble que l'on ne puisse pourtant parler pour eux de personnalités paranoïaques.

De la même façon peut être relevé chez Silicea et chez Pulsatilla un aspect sensitif évoquant les délires décrits par Kretschmer ou chez Calcarea Carbonica et Lachesis, des comportements paranoïaques, mais cela ne peut se voir, il est vrai que dans des conditions particulières.

Ces délires de Kretschmer surviennent la plupart du temps chez des sujets timides et sensibles. Ceux-ci sont capables de retenir des expériences vécues comme pénibles jusqu'à la réaction délirante, brutale, persécutoire. Cette dernière constitue une forme de compensation mégalomaniaque et paranoïaque à une infériorisation affective ou sociale trop prolongée.

Lycopodium

La lecture des différentes Matières médicales est tout à fait révélatrice de la personnalité paranoïaque de Lycopodium. Reprises tour à tour, dans ce qu'elles évoquent ou ce qu'elles décrivent, elles sont tout à fait explicites dans ce sens et précises quant à une attitude existentielle de ce type.

« Lycopodium est un sujet suprasensible, coléreux, hyperesthésique. Il souffrirait dans son orgueil de sa déchéance précoce. »

C'est un sujet vexable, susceptible de « colères rentrées qui éclatent brusquement et le soulagent », colères à la suite desquelles « il a des longues phases de repli au cours desquelles il est chagrin et bourru ».

C'est un caractère impérieux et dominateur, souvent tyrannique, sujet à des fringales d'activité au cours desquelles il jouerait facilement la mouche du coche, ne supportant pas la moindre opposition et exprimant avec véhémence les choses les plus simples. C'est un « taciturne, aimant peu parler », possessif sous des dehors distants, mais jaloux et exclusif dans son affectivité.

Les descriptions plus analytiques de Lycopodium ne l'évoquent guère différemment... C'est un sujet critique, ergoteur, volontiers acerbe, bien souvent méfiant, que sa méfiance soit assortie de réserve hautaine, l'amenant à se faire rejeter « alors qu'il est avide de compréhension et d'approbation », ou qu'elle soit l'expression d'un orgueil excessif ou d'un sens exagéré de sa grandeur et de sa supériorité.

N'est-ce pas là, le dessin en filigrane de ce qui a été rappelé précédemment du paranoïaque et de ses particularités essentielles ? Méfiance, orgueil, agressivité, surestimation du moi... Caractères à évoquer devant l'enfant qui aime commander mais qui laisse tomber ses copains au gré de son humeur autant que de sa fantaisie, lorsqu'il éprouve le désir de se retrouver seul... devant l'adolescent critique qui défie le parent ou le maître indigne de son estime ou de son admiration, ou encore devant l'adulte caustique capable de démolir ses semblables par une remarque grinçante, prenant un malin plaisir à « en démonter la bassesse ou l'inconséquence ».

C'est cet aspect paranoïaque de la personnalité de Lycopodium qui ressort avec encore plus de vigueur de la description qu'en fait Mourlan lorsqu'il le révèle demandant aux autres, « admiration sans condition, amour sans hésitation, exigeant et demandant toujours plus, absorbant dans un courant à sens unique tout ce que les autres peuvent apporter de dévouement et d'énergie, persuadé que cela lui est dû, et peut-être, que les autres peuvent en être fiers »... Le dit-il par boutade, quelque part Lycopodium en est persuadé, et attend qu'on le lui confirme. La mégalomanie n'est pas loin...

C'est encore cet aspect paranoïaque que Mourlan fait ressortir un peu plus loin lorsqu'il va l'évoquer s'entourant de gens qu'il estime inférieurs... Lycopodium en a besoin, autant pour le conforter dans l'idée falsifiée qu'il a de lui-même, que comme un rempart inconscient contre une insécurité sous-jacente. Il les méprisera secrètement, bien sûr, mais il est incapable de se passer de leur admiration et de leur présence.

C'est ce besoin de valorisation narcissique qui va chez Lycopodium, plus que chez tout autre, illustrer avec clarté et évidence, les propos de Freud sur la régression au narcissisme chez le paranoïaque. Il signale en effet l'importance du fait que, « faute d'utiliser les ressources de l'homosexualité inconsciente pour offrir son amour au — comme — soi, le paranoïaque régresse au stade de l'amour de soi »...

De la même façon, peut être évoquée chez Lycopodium, en même temps que la tyrannie et la méfiance, l'intolérance aux affects. De quelque manière qu'il se comporte, Lycopodium, victime de sa faiblesse directement proportionnelle à son atteinte hépatique et de son intransigeance toute teintée de son insécurité fondamentale, ne va guère manifester une sociabilité éclatante.

Ses relations vont, en fait, être bien difficiles. Elles ne vont pas être sans rappeler les difficultés du paranoïaque aux prises avec son agressivité et son impossibilité à vivre ce qui, de près ou de loin, va se situer dans l'ordre de l'émotion. Émotion génératrice d'angoisse même si elle est de l'ordre de la joie ou de la colère, parce que difficile à contrôler dans ses conséquences profondes, comme si elles mettaient le sujet en danger par rapport à lui-même. Il n'est qu'à voir la réaction de Lycopodium devant un cadeau ou un succès, fût-ce le sien !...

Dans cette perspective, on peut dire que c'est son côté tyrannique, coléreux et persifleur qui va lui valoir de vivre le rejet et la solitude redoutés et pourtant provoqués. Ces derniers le réalisent de toute évidence dans ce rôle qu'il recherche tant. On voit se profiler là cette tendance à se croire persécuté. Ce rôle de victime est-il recherché dans une sorte de répétition d'un vécu précédent, ou est-il peut-être aussi une manière de se dédouaner d'une formidable agressivité en la projetant sur l'autre ? Voici là, une question qu'il serait peut-être intéressant de creuser !

C'est aussi son intransigeance rancunière et son égocentrisme qui ne sont pas sans rappeler ceux du paranoïaque, qui vont poser problème à tous les stades de sa vie. Qu'il s'exprime par la voix de l'enfant tyrannique, de l'adolescent ergoteur et critique, ou de l'adulte anxieux et nosophobe, se retrouve là l'investissement du corps sur le mode hypocondriaque annoncé précédemment; Lycopodium est tout entier centré sur lui-même.

Incapable de supporter la présence de ceux qu'il considère comme « ses objets », il va pourtant en exiger la présence et la proximité sans leur permettre un seul manquement ou une seule dérobade qu'il va stigmatiser ou monter en épingle. Il traduit là son angoisse autant que son mode de défense.

C'est certes ce besoin d'être entouré d'objets privilégiés et bien sûr rassurants qui en révèle l'égocentrisme et l'insécurité fondamentale propres aux personnalités paranoïaques. Mais peut tout autant être évoqué, son besoin d'ordre. Il constitue certes un système de défense mis en place pour se situer dans un univers lourd de menaces, mais aussi une manière de tenter de se défendre contre des agressions imprévisibles.

Chez lui, ce besoin d'ordre se retrouve partout.

Dans les affects : sa forme de rationalisme logique va lui permettre de se tenir — et bien sûr d'être tenu — à distance, alors même qu'il n'est —, pour reprendre les termes de Mourlan — qu'un « sensitif sous l'aspect d'un chardon, et un sentimental, mendiant-pudibond ».

Dans les idées aussi, avec ce goût immodéré de la démonstration pour la démonstration, et ce côté critique à l'affût de « principes vidés de sens dont il ne peut que s'amuser à souligner l'absurdité ». Manière inconsciente de révéler de quelle souffrance ont été jalonnées l'éducation et la petite enfance de Lycopodium, par quels principes ou pour quels principes il a été inconsidérément ou injustement agressé, et de manière souvent bien mal à propos ? La clinique est tout à fait parlante sur ce point.

Besoin d'ordre autour de lui : au fur et à mesure que diminuent ses capacités, s'accroît l'intérêt pour des détails insignifiants.

Besoin d'ordre dans des idéaux : son sens excessif du juste va souvent l'amener à poursuivre l'autre dans tous ses manquements et ses insuffisances. Sa sécurité n'en dépend-elle pas quelque part ? Cela n'est- il pas peut-être aussi, une sorte de revanche contre un préjudice ancien inconscient, mal défini dans ses contours et dans son origine ? Cela n'expliquerait-il pas le paradoxe entre ce besoin de rationalisation, d'ordre et de justice et cette propension à tourner en dérision l'écart entre tout ce qui est dit et ce qui est fait, ce qui est posé et ce qui est ? Comme si, en quelque sorte pour Lycopodium, son existence en dépendait ! Mais cela n'est au fond, peut-être pas loin d'une certaine réalité...

Comme dans toute personnalité paranoïaque va se retrouver aussi chez lui la recherche de la limite, du maître à sa mesure. Maître qui, s'il est digne de son admiration et de sa confiance, fera de lui un serviteur digne et loyal, mais qui entraînera révolte insoumise ou causticité mordante s'il se montre indigne... Ce dernier pouvant aussi parfois devenir le Persécuteur digne de Lycopodium. Maître « Signant » d'ailleurs autant que Signifiant, la limite autant que la mesure.

Ceci n'est pas sans rappeler à nouveau, ce moi fragile tout autant que sur-valorisé, avec sa nécessité de repères sécurisants autant que de limites structurantes, moi dont il est utile de définir le mode d'édification fondamental.

Fragilité-vulnérabilité : est soulevée là la difficulté du paranoïaque et parfois sa mobilisation protectrice face à la psychose mortifère et destructurante. Lycopodium en révèle dans cet aspect toute la misère et les aléas, en même temps qu'il va en exprimer toute la violence défensive.

Il a été évoqué tyrannique, insupportable, dominateur, difficile à vivre. Paranoïaque, il l'est de toute évidence dans son orgueil, son agressivité et sa méfiance, mais il ne faut pas oublier que ce n'est là qu'une défense ou tout au moins un masque, indispensable certes, mais révélateur, ne serait-ce d'ailleurs que par sa composante excessive et sa démesure parfois.

Lycopodium, sujet éminemment caché, ne se révèle pas d'emblée au regard. Sa personnalité autant que ses desseins n'apparaissent que rarement au grand jour. Ils méritent quelques réflexions, par rapport à ce stratège silencieux coutumier des actions secrètes révélées tardivement. N'exprime-t-il pas là, en même temps que son formidable désir de puissance, une peur phénoménale, expression parfaite d'une personnalité bien fragile malgré l'apparence ?

Peur de ne pas être assez fort au dernier moment, peur d'être trahi par ses faiblesses, que ces dernières se traduisent par sa pusillanimité, son angoisse de rester seul, sa nosophobie, ses ratés en matière de virilité, ses sautes d'humeur ou ses caprices révélateurs d'une sensibilité presque efféminée.

Si Lycopodium donne — ou essaie de donner — à l'extérieur, l'image de quelqu'un sûr de lui et de ses idées auxquelles il s'accroche de façon souvent obstinée, parfois ridicule dans le goût de la démonstration pour la démonstration, il camoufle son malaise sous une agressivité démesurée autant défensive qu'offensive. S'il joue à plaisir le rôle de victime qui lui permettra de se conforter dans l'image qu'il a de lui, il mesure à quel point sa constitution est fragile. Il sait qu'il peut être trahi autant par ses forces que par le personnage qu'il s'est créé de par la puissance de son intelligence et sa faculté à retomber « sur ses pattes ». Il pressent que son angoisse et son mal-être ne sont pas loin.

C'est la raison pour laquelle, enfant, il est amoureux de l'ordre et de ses habitudes qu'il est préférable de ne pas bousculer et qu'adulte, il s'accroche peu à peu à des manies et à des principes, défenses éminemment protectrices contre le doute.

C'est là que peut être abordé, en dehors de l'aspect descriptif du comportement paranoïaque de Lycopodium, la fragilité de son moi, ce qui permet de comprendre le rôle de ce dernier et le mode de construction de son homosexualité latente.

Elle était là en filigrane, à travers l'aspect pusillanime, capricieux, les sautes d'humeur, l'attachement passionné au « maître » désigné comme tel. Elle était en arrière-plan dans les manques en matière de sexualité et dans le peu d'intérêt pour les femmes. Les Pulsatilla l'insécurisant, les Platina l'attirant, mais par leur côté phallique. Ne préfère-t-il pas choisir ou être choisi par une femme objet de désir du plus grand nombre ? En fait, l'homosexualité de Lycopodium peut être en partie assimilée à l'homosexualité du paranoïaque.

C'est peut-être en essayant de tracer de quels parents il est apparemment issus que l'on pourrait être le mieux éclairés sur cette homosexualité et sur sa signification par rapport à l'édification de son identité. Son portrait enfant est déjà explicite.